L’Hospitalité Charentaise est créée en 1901, avec l’approbation de Monseigneur l’Évêque de l’autorité duquel elle relève. Son but est sans équivoque : » une association pieuse et charitable dont le but PRINCIPAL est le service des malades qui, chaque année, vont à Lourdes avec le pèlerinage diocésain.
En donnant aux malades les soins matériels, les membres de l’Hospitalité se proposent aussi le bien spirituel des âmes. » Cet article premier de l’Hospitalité Charentaise est totalement inspiré par celui de l’Hospitalité de Notre-Dame de Lourdes, approuvé en 1885 par Mgr l’évêque de Tarbes à une curieuse restriction près : la fin de l’article qui précise que » les membres de l’Hospitalité se proposent aussi le bien spirituel des âmes » est, pour l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes un » aussi et surtout » beaucoup plus en accord avec ce que vit l’Hospitalité 100 ans plus tard.
Dès son premier pèlerinage, l’Hospitalité utilise le train pour se rendre à Lourdes. Le convoi ferroviaire, élevé à la dignité de » train de pèlerinage « , est, comme aujourd’hui, l’endroit où débute la démarche pieuse. Ainsi, le règlement précise que » l’Aumônier passe en chaque voiture pour prendre contact avec les malades et aidé par les membres de l’Hospitalité, y établir le climat de prière, de pénitence et de confiante résignation qui convient « . Cette pratique demeure en l’an 2000, avec, tout de même, l’aide de la sonorisation. Nous avons, de ce premier voyage en train, un souvenir très émouvant rapporté par M. le Comte de Beauchamp qui était alors président de l’Hospitalité de Notre-Dame de Lourdes. L’épisode rapporté mérite une petite explication du contexte. À l’époque, le train est celui du pèlerinage national et arrive de Paris en s’étant arrêté dans de nombreuses gares sur le trajet. » En 1901, j’étais chargé du débarquement et de l’embarquement des malades du train blanc à Poitiers et, en passant à Angoulême, je devais prendre le wagon des malades que l’on rattachait au train de Poitiers. Arrivé en gare d’Angoulême, le brancardier chargé de ce wagon me signale qu’il s’y trouvait un très grand malade qui supportera le voyage avec peine. J’allai le voir et fus impressionné de l’état de cet infortuné, étendu inerte sur un matelas. Je ne cessai, dans le trajet jusqu’à Lourdes, d’aller le voir dans la crainte qu’il ne puisse arriver au terme du voyage. Dans le train de Poitiers, se trouvait aussi un conseiller municipal incroyant, sectaire, qui avait voulu faire le pèlerinage pour mieux se rendre compte de la supercherie des catholiques. Je le connaissais et je vais le chercher pour lui montrer cette loque humaine. Il prit un air dégoûté et se détourna aussitôt. À l’arrivée à Lourdes, je fais conduire notre moribond au plus vite à l’Abri avec les plus grandes précautions et le fais mettre dans la grande salle du bas, derrière la porte où il me semblait un peu plus isolé. Quelle ne fut pas ma stupéfaction le lendemain, en arrivant à l’hôpital, de trouver notre grand malade, Gargam, car c’était lui, debout entièrement guéri et rayonnant de bonheur. Je vais chercher mon conseiller municipal qui reste stupéfait et très ému. Rentré chez lui, il est devenu un peu moins sectaire, mais, repris par la politique, il est resté incroyant. Je ne crois pas cependant qu’il soit possible de voir et de suivre un miracle plus éclatant. «
Extrait de Cinquante ans d’Hospitalité – (1880 – 1930) André Rebsomen, Éditions Spes
* Gabriel Gargam, quoique réellement guéri miraculeusement, ne fait pas partie de la liste officielle des miraculés de Lourdes.