L’uniforme, signe de l’engagement fraternel

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Si la question de l’uniforme n’est pas un sujet véritable de débat au sein de l’Hospitalité, elle peut être un sujet de réflexion. Au-delà des amicales remontrances des Hospitalières à l’adresse des Hospitaliers –on voit bien que ce n’est pas vous qui portez une coiffe qui tient mal sur la tête, mais qui tient chaud –, à quoi sert l’uniforme, quelle est sa signification et, in fine, est-il indispensable ?

Tentons de répondre dans le désordre.

L’uniforme n’est pas indispensable. Rien n’empêche techniquement de servir ses frères et sœurs malades en tenue de sport, d’assister à l’Office en tenue de plage ou d’être en tenue de ville pour servir au restaurant. Rien, sinon un certain sens de la dignité, du respect qui est dû au service que l’on rend, aux personnes que l’on sert ou de la cérémonie à laquelle on assiste. Faisons simple : une tenue “convenable” est nécessaire et… indispensable.

Et dès lors, quelle tenue convenable, quel “code vestimentaire” adopter ? Pourquoi ne pas porter toutes et tous la même tenue, ce qui simplifie la question ? Sur le plan étymologique, l’uniforme remplit cette fonction : il uniformise la tenue et clôt le débat. Il sert donc à cela. 

Mais en vérité, sa signification est bien plus importante et dépasse la seule uniformisation. En apparence, il permet l’identification et distingue celui ou celle qui le porte du reste du monde. Mais sur le fond, l’uniforme est, d’abord et avant toute considération, un habit de service. C’est un rappel permanent de notre engagement, vis-à-vis de nous-mêmes et vis-à-vis des autres. C’est une manière de se reconnaître de la même famille et d’éprouver une fierté d’appartenance. L’uniforme est paradoxalement l’expression d’une démarche individuelle – en toute liberté et sans contrainte (il n’y a ni contrat qui oblige, ni embrigadement dictatorial)– dans un mouvement collectif dont la seule “idéologie” est l’altruiste fraternel, à la suite du Christ et à l’invitation de la Vierge. Nous passons ainsi d’une unité de forme à une unité de fond. Tout en respectant nos différences.

Je n’oublie pas non plus qu’en portant l’uniforme, a minima le brassard de l’Hospitalité et son insigne, je m’inscris dans une longue tradition. Nos ancêtres charentais, dès le début du XXe siècle, portaient déjà exactement le même brassard que celui que nous attachons encore aujourd’hui sur notre bras gauche.

Alors bien sûr, le débat est ouvert sur la forme elle-même de l’uniforme. Ce fameux bonnet doit-il évoluer ? Les hommes pourront-ils porter des bermudas ? Toutes les questions sont ouvertes. Je souhaite simplement que les réponses soient portées collectivement, dans le respect des habits de service, qui ont une dimension sacramentelle, dans le respect de celles qui les confectionnent et en ayant toujours présent à l’esprit que notre uniforme est l’expression d’un message que nous renvoyons à nous-mêmes et aux autres.

Denis Allard

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