Faire le plein de Dieu

Le bon Samaritain

Bonne nouvelle, nous sommes vulnérables. Toutes et tous, en apparence ou non. Qui n’a jamais décelé en lui une faiblesse s’est menti à lui-même. Nous avons toutes et tous des trous dans la raquette de nos vies. Nous tentons du mieux possible de limiter la casse, nous nous organisons pour être invulnérables, pour nous protéger contre les risques, pour triompher des difficultés, lutter contre l’ennui et construire une vie honorable à nos yeux. C’est louable et souhaitable. Mais c’est difficile. C’est une lutte inégale, les aléas qui viennent contrarier nos projets de bonheur sont trop nombreux. Nos frères et sœurs malades peuvent témoigner que la maladie leur a interdit une vie telle qu’ils auraient pu la souhaiter. Et toutes et tous, nous avons éprouvé un décès qui bouleverse l’équilibre patiemment construit, une crise économique qui expose au risque de pauvreté, un héritage qui déchire une famille où tout allait bien. Consternation.

Mais… jubilation ! Car il n’y a rien de définitif dans ce tableau sombre et nous disposons tous d’une possibilité qui nous permettra de retourner la situation. Cette possibilité, véritable chance, c’est d’avoir la lucidité de reconnaître nos faiblesses, d’accepter les trous dans la raquette. À partir de là, le retournement de situation peut opérer. Il suffit d’ouvrir la porte intérieure de son âme à Dieu. Lui, Il n’attend que cela, combler nos vides, s’établir en nous comme un baume qui nous répare. Nous avons juste à lui faire de la place en nous. Éliminer, tailler, émonder nos pensées toxiques, nos envies superficielles, notre orgueil, nos peurs inutiles et nos manques d’audace. Il est là, patient, à la porte de nos cœurs, en attendant l’ouverture. Le Sauveur ne vient que s’il est désiré.

Et à Lourdes, les conditions sont plus favorables que dans l’ordinaire de nos vies pour qu’Il vienne. La prière, première condition, est facilitée. Laisser le silence s’imposer aux tumultes de nos pensées et faire de la place à Dieu, sans réfléchir, sans grandes formules. Ensuite, deuxième condition, l’accès aux sacrements, l’Eucharistie, la Réconciliation et l’Onction des malades, est facilité, une invitation permanente à la rencontre sacrée. Enfin, troisième condition, la rencontre avec l’autre, le fameux prochain, le camarade de notre condition humaine. Cette rencontre, simple et profonde, qui va à l’essentiel sans mondanités, qui dit nos vulnérabilités comme elles sont, qui écoute et qui apprend, c’est la rencontre avec le Christ vivant. Il est là, dans l’autre, pour qui accepte de Le voir et L’entendre. Il n’est pas ici question de pèlerins malades ou de pèlerins Hospitaliers. Il est question d’humains qui, parce qu’ils se reconnaissent vulnérables, viennent à Lourdes faire le plein de Dieu et suivre, avec Marie, le joyeux chemin de l’Espérance.

Denis Allard

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