Dieu prend soin de nous, âme et corps

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Homélie du Frère Timothée Lagabrielle op, donnée le 11 juillet 2024 en la Chapelle Notre-Dame, lors de la messe d’onction des malades de l’Hospitalité Charentaise

Aujourd’hui, nous sommes jeudi. Eh bien, vous savez quoi ? J’aime bien le jeudi !

J’aime bien le jeudi, car chaque semaine, surtout les derniers jours de la semaine, nous pouvons revivre avec Jésus les jours de la Semaine Sainte. (C’est bien ce qu’on fait le dimanche qui est comme une petite fête de Pâques célébrée chaque semaine.) Donc, chaque jeudi est un petit Jeudi Saint. Par exemple, c’est le jour où on médite les mystères joyeux du Rosaire dont un sommet est l’institution de l’Eucharistie le soir du Jeudi Saint.

Le Jeudi Saint – et donc chaque jeudi – est un jour où on médite sur les sacrements ; un jour où on médite sur Dieu qui vient prendre soin de nous. Car le Jeudi Saint est le jour de l’institution de l’Eucharistie, le jour de la première messe ET AUSSI le jour de l’institution du sacerdoce, le jour où Jésus a fait des apôtres les premiers prêtres pour qu’ils puissent donner les sacrements aux autres, qu’ils se mettent au service du Peuple de Dieu, notamment en donnant les sacrements de la part de Dieu.

Il y a des sacrements pour différents besoins. Par exemple, la confession pour me remettre dans l’amitié avec Dieu après que mes péchés m’en ont séparé.

Aujourd’hui, en plus de la messe, qui est déjà un grand sacrement, nous allons donner à quelques malades qui s’y sont préparés, l’onction des malades, le sacrement des malades. Dieu vient prendre soin d’eux.

Être malade, c’est faire l’expérience de notre impuissance. Vous savez, quand on est malade, on ressent l’impuissance à arrêter la maladie. On ne peut pas simplement se dire : « Je vais arrêter d’être malade » pour ne plus l’être. On ressent aussi l’impuissance de ne pas pouvoir faire ce qu’on fait normalement.

Être malade, c’est aussi faire l’expérience d’une inutilité : la maladie ne sert à rien (Comme dit un frère de mon couvent : « Tu es malade ? Mais ça ne sert à rien ! ») Et on ne peut plus agir et être productif comme quelqu’un qui est en bonne santé.

Tout cela fait ressentir une disharmonie en nous. L’unité entre notre corps et notre âme est distendue, blessée. Le rapport entre notre corps et notre âme change. C’est comme s’il y avait la guerre entre notre corps et notre âme.

Il y a donc quelque chose à purifier en nous quand nous sommes malades. Quelque chose à purifier dans notre âme. C’est cela que veut faire le sacrement des malades. C’est cela que Jésus veut donner par le sacrement des malades. Il veut donner du réconfort, de la paix avec soi-même et du courage dans cette situation .

C’est une purification de l’âme, donc on ne la ressent pas forcément, ni forcément tout de suite, mais si on y est attentif, on peut la voir grandir. Elle est tellement forte qu’elle demeure longtemps. L’onction des malades n’est pas un sacrement à renouveler régulièrement ; ce n’est pas comme la confession qu’on répète parce qu’on a fait de nouveaux péchés, ou comme la communion qu’on reçoit chaque dimanche – voire même chaque jour ! Dans l’onction des malades, quelque chose est donné en soi et demeure pour toute cette maladie.

Tout cela est très beau, mais, s’il n’y avait que cela, il nous manquerait quelque chose. Car nous n’avons pas qu’une âme ! La maladie ne touche pas que notre âme, mais aussi notre corps !

Justement, le Jeudi Saint est aussi le jour où Jésus lave les pieds de ses disciples et nous dit de nous faire pareil les uns aux autres. Il nous dit de prendre soin les uns des autres.

Ce n’est pas tout de s’occuper des âmes ; pour s’occuper de toute la personne, il y a aussi le soin des corps. (De même, ce n’est pas tout de s’occuper des corps ; pour s’occuper de toute la personne, il y a aussi le soin des âmes !) C’est pour cela qu’il y a des hospitaliers qui sont aussi des envoyés de la tendresse de Dieu.

Quelle belle mission ! Sans doute que ce que nous faisons comme hospitalier n’est pas assez (!) en qualité et en quantité. Mais c’est tellement bien que ce petit peu-là existe déjà ! Ces soins des hospitaliers complètent les sacrements, et les sacrements complètent les soins des hospitaliers. Comme dans une procession : chacun fait sa part et l’œuvre complète est belle et bonne.

Frère Timothée Lagabrielle op

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