Une fois n’est pas coutume, nous ne fêterons pas le 14 juillet à Lourdes. Rien de grave dans la mesure où la fête nationale n’est pas première dans l’ordre de nos motivations pour nous rendre en pèlerinage. Mais ennuyeux tout de même dans la mesure où, du lundi 8 au vendredi 12 juillet 2024, c’est un sacrifice de cinq jours ouvrés que devront faire celles et ceux qui n’ont que peu de vacances. Sacrifice (du latin sacrum facere, faire une chose sacrée) est à la fois le bon mot en tant qu’il s’agit de renoncer volontairement à des vacances et un excellent mot en tant qu’il nous est essentiel et agréable de répondre à notre vocation hospitalière en accompagnant nos frères et sœurs malades, à la demande de la Vierge Marie, à la rencontre de Dieu ! Je ne doute pas que nous répondrons en nombre suffisant à l’appel du pèlerinage et que nous nous inscrirons rapidement sur le site internet dédié qui sera ouvert début mars. Nous pouvons accueillir cette année à l’Accueil Notre-Dame un total de 96 pèlerins malades. Pour le faire convenablement, nous devrons nous compter au minimum 220 autour d’eux. Si ce ratio de 2,3 Hospitaliers/ières par pèlerin malade n’est pas atteint, nous serons contraints de réduire le nombre de pèlerins malades accompagnés. Ce qui serait dur à accepter.
Parmi les nouveautés de notre prochain pèlerinage, nous allons essayer de prendre notre temps sans le perdre. J’ai pu expérimenter l’an passé combien il est tentant de vouloir participer à tous les événements et combien il est épuisant de le faire. Des petits temps fraternels de repos seront les bienvenus, nous les prendrons. Et pas seulement lors du pèlerinage ! Ces moments grapillés à l’activité quotidienne, dans lesquels on ne fait rien d’autre que de s’occuper de faire grandir son âme sont rares et précieux. Tout au long de l’année, il nous appartient de créer ces instants suspendus, lors d’une lettre à un frère malade, une visite à une sœur isolée, un coup de fil qui illuminera la journée et peut-être la semaine de celui ou celle qui le recevra. En parallèle, il y a les moments où la famille hospitalière se retrouve pour réfléchir et prier ensemble (notre récollection du 23 mars) ou prier et s’organiser (journée de Lourdes du 28 avril). Ces événements, avec celui du pèlerinage bien sûr, sont précieux parce qu’ils sont extraordinaires. Littéralement hors de notre ordinaire. Ces occasions, celles que nous créons comme celles qui nous sont proposées, sont autant d’occasions de nourrir notre vie, de lui donner un sens et d’affirmer notre conviction que le service aux autres, sous le regard de Dieu et de la Vierge, est une grâce.
Denis Allard