En 1921, l’Hospitalité Charentaise doit se réorganiser après la Première Guerre mondiale. Beaucoup d’Hospitaliers sont morts ou ont déménagé.
« Le 17 août, une vingtaine de malades furent hospitalisés penant leur séjour à l’hôpital des Sept Douleurs où le colonel Daras s’en occupa tout particulièrement quoiqu’ils ne fussent pas soignés officiellement par l’Hospitalité Charentaise. » « En résumé, l’Hospitalité de la Charente n’a pas repris son entier fonctionnement, plusieurs de ses membres l’ont représentée à Lourdes et la plupart ont prolongé leur séjour après le départ de leurs compatriotes ».
Le 17 juin 1921 lors de l’assemblée générale, l’abbé Dufayet « passe en revue le nom des infirmières et constate que beaucoup ont disparu et qu’il est nécessaire d’en recomplèter les cadres ainsi que celui des brancardiers. » Mais pour recomplèter les cadres il « vaut mieux chercher la qualité que la quantité ». Sur ce compte-rendu de 1921 est indiqué le prix du voyage et de l’accueil des malades, élément qu’il serait intéressant de comparer au salaire moyen de cette époque.
« Le prix du voyage aller/retour en 3e classe est de 57 francs et le prix de l’hospitalisation est de 7 francs par jour à l’hôpital des Sept Douleurs et de 8 francs à l’asile. Pour trois jours, il faut donc compter une dépense de 81 francs. »
À noter le nombre assez important de dons reçus par l’Hospitalité en plus des sommes récoltées pendant les quêtes. Il est fort probable que bon nombre de malades ne pouvaient effectuer ce voyage s’ils n’étaient pas pris en charge financièrement. À cette époque où la sécurité sociale n’existait pas, la prise en charge d’un malade revenait intégralement à sa famille pour qui le coût supplémentaire d’un tel voyage ne pouvait pas être envisageable.
Le 5 juillet 1921, lors de l’Assemblée Générale, l’Abbé Dufayet, annonce que pour le pèlerinage du 23 août, « l’œuvre disposera d’un wagon pour ses malades ».
Seulement 30 à 40 malades pourront assister à ce pèlerinage d’après-guerre. L’œuvre se reconstitue doucement. L’année 1922 marque l’anniversaire des 50 ans du pèlerinage de la Charente à Lourdes (l’Hospitalité Charentaise n’a que 21 ans d’existence en cette année 1922). L’œuvre souhaite emmener complètement à ses frais quelques malades « grands malades choisis dans tous les arrondissements » ; il est donc nécessaire de faire appel aux «bonnes âmes ». « Il est décidé qu’un comité sera formé pour provoquer des souscriptions ». Il est noté que la souscription ne «donne pas ce qu’elle devrait » que « l’œuvre semble ignorée ou mal comprise dans beaucoup de paroisses, même par quelques prêtres ». Désormais les malades « seront admis ou refusés par le comité central seul. On prendra autant que possible de grands malades et il ne sera admis aucune maladie nerveuse […] Les prochaines cartes de malades comporteront un talon que conservera le malade pendant tout le pè-lerinage et qui portera son nom, sa résidence, le n° de son compartiment, sa place dans le train et le n° de son lit. » On aperçoit dans ces lignes se profiler de plus en plus clairement l’organisation définitive de l’association.
NDLR – En 1921, le salaire moyen d’un ouvrier en France était d’environ 1,80 franc par heure, soit environ 14 à 15 francs par journée de travail de 8 heures. Un ouvrier gagnait en moyenne entre 4 000 et 5 000 francs par an, selon les sources et les régions.